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Étude de cas — 02

DéclaArt

Rendre le calcul fiscal fiable et sans effort pour les professionnels du spectacle, quel que soit leur métier.

declaart.fr

Le suivi au fil de l’année : frais et déplacements saisis en continu et consultables à tout moment, plutôt que reconstitués dans l’urgence au printemps.
La saisie guidée, catégorie par catégorie : toutes les natures de frais déductibles du secteur sont couvertes, chacune avec ses règles et son justificatif.
De la synthèse au livrable : la répartition des déductions de l’année, puis le récapitulatif chiffré exporté en PDF pour la déclaration de revenus.

Contexte

DéclaArt est une application mobile pour les professionnels du spectacle et de l’audiovisuel — artistes comme techniciens. Elle leur permet de suivre leurs frais professionnels tout au long de l’année, puis de produire, au moment de la déclaration de revenus, un récapitulatif chiffré qui indique l’option fiscale la plus avantageuse : déduction forfaitaire ou frais réels. Le produit est porté par un client entrepreneur externe, en cours de création de son entreprise pour le lancer, et vise un usage large — plus de 300 000 professionnels du spectacle en France, pas une niche. Projet démarré en novembre 2025, en collaboration avec les développeurs, avec moi comme interlocutrice produit directe du client.

Problème

En France, un professionnel du spectacle peut déduire ses frais de deux façons cumulables — des forfaits propres à sa profession (14 % et/ou 5 %) et les frais réels — et les règles changent selon le métier exercé. Choisir la bonne combinaison suppose de suivre chaque dépense et chaque justificatif pendant douze mois, puis de comparer les régimes. En pratique, les justificatifs sont éparpillés, des dépenses déductibles passent à la trappe, et tout se reconstitue dans l’urgence au printemps — souvent au prix de plusieurs centaines d’euros d’impôt payés en trop chaque année. Comment rendre ce calcul fiable et sans effort, pour tous les métiers du secteur, sans transformer l’application en usine à saisie ?

Mon rôle

Product Manager, en collaboration avec les développeurs et en relation directe avec le client. J’ai porté le cadrage métier — traduire les règles fiscales, profession par profession, en règles exploitables par l’application — puis la définition fonctionnelle écran par écran, les parcours utilisateurs cartographiés sur Miro, la gestion des tickets, la conduite des campagnes de test avant remontée aux développeurs, et la construction du wiki de spécification qui sert de source de vérité commune au client, aux développeurs et à moi.

Comment nous avons travaillé

Autour d’un wiki de spécification de plus de 60 pages, tenu comme source de vérité commune : chaque écran et chaque règle fiscale y est décrit avant développement, les questions des développeurs et mes précisions restant tracées en commentaire. Une dizaine de réunions client que j’ai animées depuis le démarrage, des cycles de travail rythmés par les jalons GitLab, et une boucle de test systématique — campagne de test, consignation des retours en tickets, correction, revalidation.

Décision clé

Sur un sujet à aussi faible tolérance à l’erreur que la fiscalité, j’ai tranché pour l’exhaustivité plutôt que pour un périmètre partiel. Chaque métier du spectacle a ses propres règles de déduction ; il aurait été plus rapide de ne couvrir que les profils les plus courants et de renvoyer les autres à « plus tard ». J’ai fait le choix inverse : recenser et calculer les déductions applicables pour tous les cas de figure, puis les traduire avec les développeurs en un jeu de règles complet — table profession → forfait, plafonds annuels révisés chaque année, formules de calcul par catégorie (barème kilométrique, repas, prorata du local). Une couverture partielle aurait fragilisé la fiabilité perçue du produit là où elle compte le plus. C’est la même exigence qui a guidé la suite : quand le client a repoussé la sortie initialement prévue en mai 2026 — un risque administratif que je lui avais signalé en amont —, j’ai mis ce délai à profit plutôt qu’en attente, en avançant avec les développeurs des fonctionnalités qui auraient sinon patienté jusqu’à une version ultérieure.

Résultat & évolution

L’application est prête : développement et recette terminés, elle est validée pour la mise en production. Le moteur qui compare les régimes fiscaux et met en avant l’option la plus avantageuse, la saisie de dépense guidée catégorie par catégorie et la génération du récapitulatif PDF sont en place et couverts par une suite de tests automatisés ; l’app a été recettée en test interne sur TestFlight et Google Play. Il ne reste plus qu’à fixer la date de lancement commercial, qui dépend du client et de l’ouverture de son entreprise. Comme pour tout produit, des ajustements suivront la mise en ligne au contact des premiers utilisateurs. L’application embarque par ailleurs une interface MCP : le socle de données de dépenses, déjà propre et structuré, est exposé pour que chaque utilisateur y branche l’assistant IA de son choix et lui délègue les tâches répétitives — classer une dépense, retrouver un justificatif, préparer le récapitulatif — sans que DéclaArt ait à développer et maintenir son propre assistant. En parallèle, un système de partenariats — accès offert à leurs adhérents par des organismes du secteur — est livré par incréments. Le temps gagné sur le report a été réinvesti dans le produit plutôt que subi.

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